ESTRAN - Partie 01 | Introduction

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Bonjour à toutes et à tous et Bienvenue !
Vous découvrirez ici les discours introductifs des deux journées de restitution du projet ESTRAN (mars 2026), organisées par Florence Verdin et l'équipe d'Ausonius à l'Université Bordeaux-Montaigne. Frédérique Eynaud, du laboratoire EPOC à l'Université de Bordeaux, co-porteuse du projet ESTRAN avec Florence Verdin, co-animait l'événement.
Voici donc les mots d'accueil de Nicolas Labarre, vice-président à la Recherche à l'Université Bordeaux Montaigne, et de Léopold Maurel, conservateur régional de l'archéologie :
Synthèse des discours
L’ouverture du colloque a d’abord été marquée par des remerciements adressés aux participants, aux intervenants et aux partenaires institutionnels. Les prises de parole ont ensuite souligné que le projet ESTRAN incarne pleinement l’ambition de l’Université Bordeaux-Montaigne : une recherche résolument interdisciplinaire, à la croisée de l’archéologie, des archéosciences, de l’histoire, des sciences de l’environnement et des humanités.
Le projet a été présenté comme une manière de relier passé, présent et futur, en mobilisant les archives, les traces matérielles et les dynamiques des peuplements pour mieux comprendre les transformations contemporaines, notamment celles liées au changement climatique.
Les intervenants ont aussi insisté sur la spécificité de l’estran, espace étroit mais stratégique, à la fois interface environnementale, réservoir d’informations paléoenvironnementales et zone de conservation exceptionnelle pour le patrimoine archéologique. Cet espace concentre des enjeux scientifiques, patrimoniaux et territoriaux particulièrement forts.
Enfin, l’introduction a mis en avant la philosophie collective du projet : faire travailler ensemble chercheurs, services de l’État, collectivités territoriales, bénévoles et acteurs locaux, dans une logique de coopération, de science participative et de mise en réseau des compétences.
Vidéo de l'introduction
Voici la vidéo des interventions de Nicolas Labarre et Léopold Maurel :
Transcription des interventions
Florence Verdin :
Bonjour à toutes et bonjour à tous.
Merci de votre présence. Merci à ceux qui se sont déplacés, parfois de fort loin, pour assister à ces deux jours d'échanges scientifiques. Ça fait plaisir de vous voir aussi nombreux. Et avant de commencer cette journée, je laisse tout de suite la parole à Monsieur Nicolas Labarre, notre vice-président à la Recherche à l'Université Bordeaux Montaigne.
Nicolas Labarre :
Merci beaucoup.
Donc, mon rôle ici est un rôle assez simple puisqu'il consiste à vous souhaiter la bienvenue, vous souhaiter la bienvenue à Bordeaux-Montaigne. Et puis aussi peut être rajouter un petit mot pour dire que ces deux jours de restitution du projet ESTRAN me semblent correspondre à une ambition de l'Université.
Bordeaux-Montaigne, c'est une université qui est souvent résumée de manière très hâtive comme une université de lettres, mais évidemment c’est une université d'art, lettres, langues, sciences humaines et sociales. Et puis, qui a ce fort ancrage dans l'archéologie.
Et là encore, un raccourci un peu rapide puisque archéologie veut dire ici le travail d’Archéoscience, le travail d’Ausonius, deux UMR dont, en fait, le champ disciplinaire excède largement celui de l'archéologie au sens strict.
Et il me semble que ces deux journées de restitution rendent assez bien compte de l'ambition de cette archéologie.
Encore une fois, je l'emploie comme un résumé qui irait de l'histoire à la science des matériaux, ou dans le cas de cette journée va de la visualisation 3D à l'étude des peuplements en passant par de l'archéologie au sens le plus strict du terme.
Et puis, de manière un peu plus fondamentale, nous sommes dans une université qui est en train d'essayer de chercher à définir son identité collective et qui, pour se faire, cherche à ce qu'on désigne habituellement comme une signature qui est une sorte de résumé de ses ambitions et qui est en train de s'arrêter sur l'idée des mondes, c'est à dire de découvrir, de questionner les mondes en essayant de voir la pluralité de ce terme des mondes, des mondes sociaux, des mondes historiques, des sociétés.
Mais il me semble que le projet ESTRAN rappelle que finalement, au delà de cette idée de découvrir, de questionner les mondes, il s'agit bien aussi de redécouvrir les mondes afin de mieux les questionner, de mieux questionner le présent.
En fait, nous avions longtemps hésité, dans une formulation, à emprunter le mot de Hannah Arendt qui, dans le recueil qui contient la crise de la culture notamment, écrit qu’on est toujours entre le passé et le futur, et cette espèce d'incertitude, cette espèce d'oscillation entre la nécessaire mémoire et une projection en permanence vers des transitions.
Il me semble que le projet ESTRAN, avec sa pluralité de disciplines, avec les multiples chercheurs impliqués, il semble que le projet ESTRAN rend bien cette hésitation entre le passé et le futur, c'est à dire la nécessité de réinvestir une mémoire qui existe dans les archives, qui existe dans les traces physiques, qui existe dans les... dans l'histoire des peuplements humains, et qui permet... qui est une condition pour se projeter dans un futur affecté par les transformations qui découlent notamment du changement climatique mais pas uniquement.
Et donc je suis très heureux de vous accueillir vraiment et très heureux, de manière peut être plus fondamentale, que ce projet existe et qu'il incarne les valeurs et puis les ambitions de l'université. Et je vous remercie et je souhaite deux bonnes journées. Florence Verdin : Merci beaucoup pour ce matin, ce mot d'introduction.
Et puis, eh bien je laisse la parole tout de suite à Léopold Maurel, conservateur régional de l'archéologie.
Léopold Maurel :
Bonjour à toutes, chers collègues, Monsieur le Vice-président, chers amis dans la salle.
Tout d'abord, c'est un vrai plaisir pour le conservateur régional de l'archéologie de dire quelques mots d'introduction sur l'ouverture d'un colloque d'un séminaire. On nous reproche de temps en temps, nous archéologues, de ne pas assez communiquer, de ne pas assez diffuser. Donc c'est toujours un point positif de pouvoir introduire un colloque.
Quelques mots. Vous n'échapperez pas aux traditionnels remerciements, bien entendu. D'abord à Florence Verdin et ses équipes pour l'organisation de cette journée, aux acteurs institutionnels. UBM, Monsieur le vice-président est là, Ausonius, l'UB également. D'autres laboratoires sont présents, je pense à EPOC et d'autres, même espagnols. Des collectivités territoriales sont là aussi. Je ne citerai pas tout le monde parce que évidemment, je vais en oublier, donc en vexer, remercier les chercheurs qui sont présents dans cette salle et puis les collectivités territoriales - je reviendrai là dessus - qui sont des acteurs importants de ce projet.
Quelques mots quand même sur les enjeux scientifiques. Ils vont être évoqués, développés ici. Ça me semble important d'abord parce que ce programme de recherche concerne l'estran, cet espace finalement assez étroit, mais pour autant qui génère, qui mobilise des enjeux, des acteurs très multiples, très importants de cette bande qu'on appelle interface et qu’il est, des fois, difficile de définir, y compris au niveau réglementaire, je ne vous le cacherai pas.
Dire que c'est un espace qui mobilise des enjeux qui sont liés à l'évolution du climat, ça va être évoqué à l'évolution de l'environnement et donc c'est quelque part un réservoir d'informations paléoenvironnementales privilégié, à condition qu'il soit conservé. C'est aussi un espace de conservation particulier du patrimoine archéologique. C'est la raison pour laquelle le SRA, les acteurs de la recherche, ont une vigilance toute particulière sur ces milieux là et sur ces espaces là.
Il y a aussi un intérêt patrimonial. C'est un espace dans lequel se croisent des enjeux tout à fait diachronique. On va, par définition, aller des origines et même avant, pour ce qui concerne l'archéologie, au delà et jusqu'à l'époque contemporaine, sur le patrimoine (je pense notamment défensif) de la Seconde Guerre mondiale.
C'est un milieu aussi qui va nous permettre d'accéder à un patrimoine mobilier dans lequel, pour lequel, je dirais, nous allons pouvoir avoir des investigations tout à fait particulières. Je pense au bois gorgé d'eau, je pense à tout ce qui est conservé dans ces milieux là et uniquement dans ces milieux là. Et donc ce qui justifie aussi notre regard tout particulier, c'est là ce que j'appelle la typicité des vestiges.
Et puis on est aussi sur un lieu qui est finalement parfois sur des sites terrestres actuellement en milieu littoral, mais qui étaient autrefois des milieux terrestres et aussi des sites archéologiques qui sont liés à la consommation, aux produits d'exploitation. Et là qui vont aussi intéresser tout particulièrement les archéologues.
Donc, vous le voyez, ces enjeux scientifiques sont multiples, interconnectés entre les études environnementales, archéologiques et historiques, tout ça dans un espace finalement très contraint. Ce qui fait que là aussi, les acteurs sont multiples. Tout d'abord, les chercheurs. Je tiens à les saluer vraiment pour l'activité qu'ils font, pour le réseau des bénévoles qui sont très présents sur ces milieux là et donc finalement, c'est aussi un des grands apports du travail que fait Florence, c'est de mettre en connexion les chercheurs, les acteurs de différentes institutions et le tissu de bénévoles et les acteurs territoriaux qui sont sur le terrain, qui ne sont pas souvent mis en avant.
Et je tenais à les saluer.
Saluer aussi le rôle des collectivités territoriales, le Conseil régional sur ce projet ESTRAN, mais aussi à la Communauté de communes Médoc Atlantique. Je ne sais pas si elle est représentée dans cette salle, mais elle sera mentionnée à plusieurs reprises. Je crois que, une des forces aussi de ce projet là, c'est de faire travailler services de l'État, chercheurs, collectivités territoriales sur un espace déterminé.
Je ne vous le cache pas, vous suivez de l'actualité comme moi, on est dans des périodes contraintes en termes financiers. Raison de plus pour concevoir des modalités de travail, des modalités de collaboration qui sont au delà de nos chapelles et de nos institutions. Il faut vraiment inventer les méthodes de travail nouvelles, mobiliser les acteurs.
Et ce qui a été fait sur ce programme là est particulièrement exemplaire. Et je renvoie aussi vers ce qui se fait aussi beaucoup, cette science participative qui vise à mobiliser les acteurs du territoire et les chercheurs et les acteurs de la recherche.
Le rôle de l'État, je dois forcément l'évoquer, c'est celui du financement, dans la mesure de nos moyens, évidemment. C'est celui aussi de l'autorisation, de l'encadrement, du contrôle scientifique et technique, et celui aussi des découvertes fortuites dans notre capacité à mobiliser des moyens financiers, techniques.
Dans le cas des découvertes fortuites qui sont réalisées sur l'estran, c'est celui aussi de la gestion des données scientifiques, de l'archéologie.
Je crois, et je commençais à le dire, qu'il faut envisager des stratégies nouvelles qui sont celles des liens avec les collectivités territoriales. Quand on est sur le nord de cette région, la Charente Maritime, il y a un service habilité de collectivités territoriales qui est un acteur majeur. On sort un peu du programme ESTRAN, mais de la recherche sur ce littoral.
On peut aussi mentionner le rôle du DRASSM qui est un département de recherche qui va au delà de l'autorisation, qui est aussi un acteur important de cette recherche.
Et puis nos moyens, nous, services de l'État, que l'on peut mettre en place pour assurer les interventions d'urgence dans le cadre des découvertes fortuites qui sont effectuées.
Vous le voyez, j'ai été un petit peu rapide. J'ai d'abord voulu privilégier la place, la parole au plus intéressant, c'est à dire les communications qui vont venir après. Mais c'était simplement pour vous dire deux messages :
- d'abord, que nous, services de l'État, nous allons être très présents sur cette activité, sur ces enjeux de la recherche archéologique, de la conservation du patrimoine, au contexte d’estran, de littoral ;
- mais aussi éveiller à toutes et tous, je pense aux jeunes étudiants qui sont ici, aux acteurs de la recherche, à la nécessité d'aller au delà de nos institutions et d'aller mobiliser tous les acteurs des territoires et de la recherche.
C'est la condition pour l'accomplissement de cette recherche et sa pleine réussite.
Merci beaucoup encore, Florence et aux différents partenaires et je vous souhaite deux bonnes journées de communication.
Merci beaucoup.
Florence Verdin :
Merci beaucoup à tous les deux, pour vos introductions qui mettent en valeur la philosophie du projet qui est effectivement de tisser des connaissances et des institutions.
Terres Du Passé
L'histoire de notre Terre et de nos Océans
