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ESTRAN - Partie 02 | Présentation du projet

Niveau de difficulté : 4

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Bonjour à toutes et à tous et Bienvenue ! 

Vous découvrirez ici la présentation à deux voix de Florence Verdin et Frédérique Eynaud durant les deux journées de restitution du projet ESTRAN (mars 2026), organisées par Florence Verdin et l'équipe d'Ausonius à l'Université Bordeaux-Montaigne. Frédérique Eynaud, du laboratoire EPOC à l'Université de Bordeaux, co-porteuse du projet ESTRAN avec Florence Verdin, co-animait l'événement. 

Vidéo des interventions de Florence Verdin et Frédérique Eynaud

Synthèse des discours

Lors de l’ouverture des journées scientifiques consacrées au projet ESTRAN, Florence Verdin et Frédérique Eynaud ont rappelé le point de départ de ce programme de recherche : l’érosion littorale, particulièrement active sur la côte aquitaine et tout spécialement dans le Nord-Médoc.

Sur ce littoral sableux, soumis aux fortes houles du golfe de Gascogne et à une dérive littorale puissante, le recul du trait de côte peut atteindre plusieurs mètres par an. Des secteurs comme Soulac, la pointe de Grave, la pointe de la Négade ou encore l’Amélie Nord en offrent des exemples très concrets, tout comme l’histoire désormais emblématique de l’immeuble Le Signal.

Mais cette érosion n’affecte pas seulement les paysages actuels : elle menace aussi directement le patrimoine archéologique. Les interventions ont montré à quel point certains sites, comme la Lède du Gurp ou la plage de l’Amélie Nord, ont été fragilisés, voire presque effacés, par les reculs successifs du littoral et par certains aménagements de défense côtière. Dans ce contexte, l’enjeu n’est pas seulement de constater les pertes, mais de documenter, comprendre et sauvegarder autant que possible les archives naturelles et archéologiques encore accessibles.

C’est précisément l’ambition du projet ESTRAN, lancé en 2020 dans la continuité de travaux engagés depuis 2013. Porté par Florence Verdin et Frédérique Eynaud, avec le soutien de la Région Nouvelle-Aquitaine, le projet s’intéresse aux relations entre les sociétés littorales et leur environnement sur la longue durée, du Néolithique à aujourd’hui. Il croise ainsi archéologie, géosciences et sources historiques, en lien étroit avec plusieurs partenaires institutionnels et territoriaux, parmi lesquels la Communauté de Communes Médoc Atlantique, le DRASSM, le SRA, ainsi que plusieurs réseaux et programmes de recherche comme les R3 Rivages et Futurs-ACT, le PSGAR CORALi, le GPR Human Past ou l'ANR GEOPRAS.

Le programme repose sur trois grands axes :

  • reconstituer l’histoire géomorphologique et sédimentaire des littoraux sur les dix derniers millénaires,
  • étudier les dynamiques de peuplement et les économies littorales sur le temps long,
  • puis analyser les trajectoires d’adaptation des sociétés à ces environnements changeants.

Quatre grands secteurs structurent cette recherche : le Bas-Médoc, le bassin d’Arcachon et la dune du Pilat, l’estuaire de la Gironde et l’île d’Oléron.

Cette approche permet d’inscrire les observations locales dans une lecture régionale beaucoup plus vaste. Point fondamental : les littoraux aquitains sont les héritiers d’une histoire géomorphologique très longue, faite de creusements, de comblements et de réorganisations d’anciennes vallées, les paléovallées, sous l’effet des variations climatiques et des fluctuations du niveau marin. Les affleurements visibles aujourd’hui sur les estrans ne sont donc pas de simples curiosités de terrain : ils constituent de véritables archives, essentielles pour reconstituer les paysages anciens, les environnements passés et les implantations humaines qui s’y sont succédé.

Cette introduction a enfin mis en lumière la dimension profondément collective d’ESTRAN. Le projet rassemble chercheurs, étudiants, bénévoles, institutions patrimoniales, collectivités et même artistes, dans une dynamique où production scientifique, veille littorale, valorisation grand public et création se nourrissent mutuellement.

Si le programme ESTRAN touche aujourd’hui à sa fin administrative, ses prolongements sont déjà là : publications scientifiques, poursuite du suivi de l’érosion, prospections géophysiques dans le cadre de CORALi, et projets de médiation autour du patrimoine littoral. Plus qu’un aboutissement, ces journées apparaissent ainsi comme une étape dans une réflexion appelée à se poursuivre sur un littoral en perpétuel mouvement. 

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