Résistivité électrique
La résistivité électrique (ρ, en ohm·m) est une propriété intrinsèque d’un matériau qui quantifie sa capacité à s’opposer au passage d’un courant électrique.
Elle est définie par la loi d’Ohm généralisée :
J = σ.E
où :
J = densité de courant (A/m²)
E = champ électrique (V/m)
σ = conductivité électrique (S/m)
La résistivité est l’inverse de la conductivité :
ρ = 1σ
Résistance vs résistivité
Il est important de distinguer la résistance (R, en ohms), qui dépend de la géométrie de l’objet ; et la résistivité (ρ) qui correspond à la propriété propre au matériau.
Relation entre résistance et résistivité :
R = ρ.L.A
où :
- L = longueur traversée
- A = section
Donc deux objets du même matériau mais de tailles différentes ont la même résistivité mais pas la même résistance.
En géophysique : que mesure-t-on réellement ?
En ERT (tomographie de résistivité électrique), on injecte un courant dans le sol et on mesure une différence de potentiel.
Le calcul donne une résistivité apparente :
ρa = K.ΔV.I
où K est un facteur géométrique lié à la configuration des électrodes.
Cette résistivité apparente n’est pas la résistivité réelle : elle correspond à une moyenne pondérée du volume sondé.
D’où vient la résistivité dans les sédiments ?
Dans un sable côtier, le courant circule essentiellement dans l’eau interstitielle, et éventuellement à la surface des grains (si argiles).
Dans un sable propre, la résistivité dépend surtout de la salinité de l’eau, de la porosité et du degré de saturation en eau.
La relation classique est la loi d’Archie (1942) :
ρ = a.ρw.ϕ−m.Sw−n
où :
- ρw = résistivité de l’eau interstitielle
- ϕ = porosité
- Sw = saturation
- m, n = exposants empiriques
En milieu sableux côtier propre, cette relation fonctionne très bien.
Quelques ordres de grandeur utiles
- Eau de mer → 0.2 – 0.5 Ω·m
- Sable saturé en eau salée → 0.5 – 5 Ω·m
- Sable saturé en eau douce → 20 – 200 Ω·m
- Sable sec → 1000+ Ω·m
Points clés en géophysique côtière
En contexte côtier sableux, la résistivité est essentiellement un proxy de la salinité. Mais elle peut aussi varier avec :
- la compaction,
- la granulométrie,
- la présence d’argiles,
- la température.
Donc l’interprétation doit rester hydrogéologiquement cohérente.
Archie, G. E. (1942). The electrical resistivity log as an aid in determining some reservoir characteristics. SPE reprint series, 9-18.
Reynolds, J. M. (2011). An introduction to applied and environmental geophysics. John Wiley & Sons.
Schmidt, A. (2013). Earth resistance for archaeologists. Bloomsbury Publishing PLC.
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