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Exploration sur le plateau calcaire de Cordouan Exploration sur le plateau calcaire de Cordouan

Niveau de difficulté : 2

Mission CORDOUAN 2026 - Exploration du plateau calcaire de Cordouan

Bonjour à toutes et à tous et Bienvenue ! 

Aujourd'hui, Terres du Passé a le plaisir de vous partager une petite aventure scientifique que nous avons vécu en deux temps sur le plateau calcaire de Cordouan. Réalisées les 10, 27 et 28 septembre 2026, ces missions ont eu lieu dans des conditions météorologiques idéales !

Une mission entre Terre et Mer

Tout commence avec le sujet de recherche de mon post-doctorat :

« Évolution néolithique des territoires immergés et des structures hydrographiques anciennes de la zone néritique du Golfe de Gascogne sud (géomorphologie, réseaux hydrographiques et paléovallées, dynamique des occupations humaines autour de la péninsule du Médoc). »

En quelques mots : il s'agit simplement d'essayer de comprendre comment notre Médoc, notre estuaire et les peuples qui vivaient là ont évolué ensemble au cours du temps. Et du temps long ! Car le Néolithique est une période ancienne, datée entre 8 000 et 4 200 ans avant aujourd'hui.

Mais comme tout sujet de recherche, la question scientifique évolue avec l'avancement des résultats et des analyses. C'est ainsi que cette étude nous emmène finalement vers de plus grandes périodes de temps... et que nos pas ont été portés jusqu'au coeur de l'embouchure de l'estuaire de la Gironde : le phare de Cordouan et le plateau calcaire sur lequel il repose.

Pourquoi s'intéresser à ce lieu emblématique de Gironde ? Parce qu'il affleure à la surface durant les basses mers, notamment durant les grandes marées, ce qui permet de circuler directement sur le plateau calcaire et 

Regarder la surface pour comprendre les profondeurs

L'estuaire de la Gironde n'a pas toujours arboré le fier visage qu'il nous présente aujourd'hui. Le niveau marin s'est stabilisé à son niveau actuel il y a environ 6 000 ans, et c'est depuis cette époque que notre estuaire s'est façonné, structuré, pour atteindre finalement sa forme si nette et propre, si rectiligne.
Et cela ne s'est pas fait en un jour !

La linéarité de notre estuaire dans sa partie terminale est également due à la faille géologique sur laquelle il s'appuie, lui donnant la même orientation qu'à la Seudre et Bassin d'Arcachon. Mais nous aurons l'occasion d'y revenir dans un autre chapitre !

Toute la zone Nord-Médoc a connu des conditions hydrologiques très différentes de celles que nous connaissons aujourd'hui, et notre territoire en conserve la mémoire dans ses paysages. Les anciens marais estuarien aujourd'hui comblés, mais aussi d'anciennes vallées enfouies : les paléoexutoires de la Gironde. Car oui, autrefois, l'estuaire de la Gironde était un grand delta ! 

Une paléovallée aujourd'hui comblée par des sables et autres sédiments se dessine magnifiquement bien sur le fond marin, dans le voisinnage de Soulac-sur-Mer, au sud de la plage de l'Amélie : le chenal du Gurp. 

 Chenal du Gurp

Ce paléochenal interprété comme ancien exutoire de la Gironde a entaillé en profondeur des bancs calcaires situés à seulement quelques centaines de mètres du rivage et quelques mètres à peine sous la surface de l'océan : le banc des Olives, au nord, et un autre banc sans nom, au sud.

La question de recherche de mon post-doctorat nous amène à réfléchir sur l'évolution et la fonction du banc des Olives durant les périodes d'émersion, donc aux périodes où l'eau ne recouvrait pas ce banc en permanence. Car il y en a eu, au cours des vingt derniers milliers d'années !

Les formes et structures d'érosion, de fracturation et de dissolution que l'on peut trouver sur le banc des Olives font partie de l'étude géomorphologique que je dois mener au cours des deux années de mon post-doctorat (2025-2027). Mais ce banc calcaire, immergé en permanence à l'heure actuelle, n'est pas facile d'accès.

Pour avoir une chance de voir le fond, situé entre 2 et 15 m sous la surface de l'eau, les conditions météorologiques doivent être favorables plusieurs jours en amont d'un passage. En effet, une faible houle et peu de clapot pendant plusieurs jours limitent la remise en suspension des particules fines qui recouvrent la surface du calcaire. L'eau peut alors être suffisamment limpide pour permettre d'observer la roche.

Il faut également s'assurer de ne pas être dans un panache turbide (une masse d'eau chargée en vases et autres particules en suspension) issu de l'estuaire de la Gironde.

Enfin, il faut disposer d'un bateau et d'une équipe de plongeurs en capacité de descendre et de prendre des photos des structures directement sur le fond, afin de confronter les observations de terrain aux interprétations réalisées à partir de l'imagerie. Et tout cela, au bon moment. Autant de contraintes qui sont particulièrement limitantes !

En revanche, le plateau calcaire de Cordouan présente un substrat comparable et des formes d'érosion, de fracturation et de dissolution susceptibles de nous aider à interpréter celles du banc des Olives. Surtout, lui, émerge à marée basse ! Une aubaine ! Cette caractéristique nous a poussés à envisager le platier de Cordouan comme un bon analogue au banc des Olives pour mieux comprendre et interpréter les structures d'érosion et de dissolution qui y sont visibles.

Références Bibliographiques