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Iconopastt, qu'est-ce que c'est ? Iconopastt, qu'est-ce que c'est ?

Niveau de difficulté : 1

Bonjour à toutes et à tous et Bienvenue pour cette nouvelle vidéo de Terres du Passé !

Aujourd’hui, nous allons commencer une nouvelle série et cette fois-ci, ce sera en collaboration directe avec un projet de Sciences participatives sur la côte médocaine, en Gironde : le projet Iconopastt !

GENERIQUE

Hey ! Salut tout le monde !
Ah ah ! La côte médocaine ! C’est pas loin de chez nous, ça ! Iconopastt… Intéressant ! Icono… Pour icône ? et pastt… pour passé, comme le mot anglais ? Genre on va regarder les icônes d’autrefois et s’amuser à les comparer à celles d’aujourd’hui ! Mais attends… qu’est-ce que c’est le rapport avec la côte médocaine dans tout ça ?

Tu as presque compris… mais pas tout à fait. En fait, Iconopastt est un acronyme pour une :

« Iconographie participative pour reconstruire la mémoire du trait de côte en bas Médoc »

C’est un projet de science participative qui vise à regrouper un ensemble de photographies, de peintures, d’illustrations, bref, toute une iconographie mettant en scène la côte médocaine aussi loin qu’il est possible de remonter dans le temps.

Aaaah… Donc on cherche, genre, les photos d’arrière-grand-mémé sur la plage quand elle avait 20 ans et qu’elle se baladait avec son loupiot, coiffée de son petit chapeau et le gamin portant des sandales avec des chaussettes blanches ? Genre, la côte dans les années 1900/1920 ?

C’était seulement dans les années 20 le coup des sandales en chaussettes blanches ?
Mais c’est ça, oui. Et même avant ou après ! Des photos de la mise en place des premières digues, de la préparation des plages pour accueillir les touristes à Soulac, d’anciennes cartes des villes côtières, bref ! Tout ce qui permet de retracer l’histoire et les changements qui se sont produits sur la côte médocaine au fil du temps !
Mais il s’agit aussi de regrouper des images récentes de la côte, parce que les images d’aujourd’hui sont les archives de demain !

Les images d’aujourd’hui sont les archives de demain… Hein-Hein… O.K. !

Mais reprenons les choses dans l’ordre, veux-tu ?
Iconopastt est un projet porté par le laboratoire EPOC de l’Université de Bordeaux et notamment par Frédérique Eynaud, une enseignante-chercheuse. Mais pas seulement ! Il est également porté en collaboration nationale avec plusieurs universités et locale avec le laboratoire Ausonius et le BRGM de la Nouvelle Aquitaine !
Et si tous ces gens et toutes ces structures cherchent à les compiler, ces images, ce n’est pas simplement pour le plaisir de créer une archive retraçant la mémoire du Médoc ! Car de nombreuses disciplines sont en jeu, pas seulement des historiens, mais aussi des paléoclimatologues, des archéologues, et bien plus encore !

Et justement, je vous propose d’écouter Frédérique Eynaud, paléoclimatologue, nous parler un peu des origines du projet Iconopastt.

Donc je suis maître de conférences à l'université de Bordeaux, laboratoire EPOC pour Environnements et Paléoenvironnements Océaniques et Continentaux.
Depuis quelques années, on a relancé au sein du laboratoire, en collaboration étroite avec les archéologues du laboratoire Ausonius de l'université de Bordeaux Montaigne, des travaux sur la côte nord Médoc, particulièrement sur le littoral de Soulac, puisqu'on a la chance d'avoir sur ce secteur des séries sédimentaires qui abritent de riches artefacts archéologiques qui traduisent l'évolution et la sédentarisation des populations humaines depuis environ 10 000 ans.
Et dans ces séries, on trouve également des éléments très intéressants pour reconstituer les environnements, que ce soit en termes de végétation ou de dynamique de l'évolution géographique de ces territoires.

D’accord ! Mais comment en êtes-vous venue à avoir l’idée de créer Iconopastt ?

Le projet Iconopastt est un projet qu'on a lancé après justement un constat, notamment sur le terrain, que pas mal de personnes qui habitent dans le secteur de Soulac possèdent des images, des témoignages en fait, qui sont donc principalement iconographiques.
On aurait aimé aussi avoir peut être des témoignages oraux, mais pour l'instant, c'est d'abord sur les images qu'on a focalisé le travail. L'idée est donc de collecter toutes ces mémoires, au travers donc de documents qui vont témoigner de l'état des plages. Cet état des plages est important pour nos axes de recherche au sein des projets que l'on mène, mais aussi pour créer une espèce de banque, une mémoire de l'évolution du trait de côte puisque, ben, après chaque tempête, il y a des modifications importantes et c'est essentiellement pour ça qu'on a voulu ce projet qui se veut un projet de science participative où les habitants, les gens qui fréquentent ce secteur contribuent simplement en partageant leurs images qui restent bien sûr leur propriété, mais qui donnent au moins un état des lieux lors de certains moments.
Bon, l'idée, c'était d'avoir une archive, une banque qui remonte loin dans le temps, autant que possible, sur le dernier siècle, le XX? siècle. Et puis, avec quelques cartes, avec quelques autres documents qui existent, on aurait aimé enrichir les choses, jusqu'au moins au début du XVII? siècle, notamment sur ce secteur qui est fortement anthropisé.
Les travaux de défense à la mer, qui ont été menés assez tôt dans l'histoire de ce littoral, ont modifié le trait de côte en le stabilisant à certains endroits et au contraire en favorisant l'érosion à d'autres endroits, ceux laissés libres finalement de toute action humaine. Donc, on a besoin d'avoir ce témoignage visuel de cette évolution du trait de côte.

C’est génial ! Ça veut donc dire que je peux contribuer à la Science simplement en partageant des photos ? Je crois justement que j’ai une vieille carte postale des années 1930 dans un carton au grenier. Pas sûre qu’elle soit encore en bon état.

Justement, si tu la scannes ou que tu la prends en photos et que tu la partages sur le site d’Iconopastt, tu la pérennises, tu lui donnes une chance d’être utile aux chercheurs, et en plus tu lui assures une longue vie.

O.K. ! Et je crois aussi que ma petite voisine de quatre-vingt ans, qui vit là depuis toujours, m’a dit qu’elle avait trouvé un super vieux couteau tout en métal, genre, qui ressemblait à mort à une épée courte, pas loin de Soulac-sur-Mer. Il y avait une grande plaque d’argile sur la plage à marée basse, à la fois molle et dure qui ressortait du sable et le couteau était à moitié pris dedans, mais déjà bien dégagé. Je crois qu’elle s’en sert de coupe-papier depuis des années. Tu crois que c’est intéressant ?

Je crois, oui ! Tu pourrais lui demander si elle serait d’accord pour que tu le prennes en photos et que tu le partages sur le site d’Iconopastt pour que les chercheurs puissent y jeter un œil. Après tout, c’est peut-être un couteau vieux de plusieurs siècles ! Avec la remontée du niveau marin et la forte érodabilité de la côte nord-Médoc, les trésors archéologiques qui sont emportés par la mer chaque hiver sont nombreux, à n’en pas douter.

C’est cool tout ça quand même ! C’est sympa aussi de pouvoir discuter comme ça avec une chercheuse. C’est un peu comme nous ouvrir une porte vers un métier qui reste assez mystérieux en fait. D’ailleurs, je me demandais… Mme Eynaud, est-ce vous pourriez nous en dire un peu plus sur votre métier ? J’suis curieuse hein.

Alors le métier, c'est un métier double, voire triple. Enseignant-chercheur, à la fois dans l'enseignement à l'université et à la fois de la recherche, c'est le côté basique de ce qu'on présente dans ces métiers là.
J'ai plutôt l'habitude de dire que c'est 50 % recherche, 50 % enseignement et 50 % administratif. C'est plus plus réaliste.
C'est un métier qui est très intéressant dans la transmission des savoirs puisqu'on est là en tant qu'universitaire pour directement transmettre ce qu'on produit en termes de données scientifiques qu'on étudie en termes de données scientifiques.

Merci beaucoup Mme Eynaud pour le temps que vous nous avez consacré !

Bien ! Je crois qu’il est temps de nous arrêter là pour aujourd’hui.
Dans le prochain épisode sur Iconopastt, je vous propose de nous pencher sur l’histoire géologique et archéologique de la côte du bas-Médoc.
Merci à toutes et à tous d’avoir regardé cette vidéo jusqu’au bout !
N’hésitez pas à aller découvrir le site internet d’Iconopastt, il y a une galerie qui est déjà riche en images, et à y partager vos propres contributions.

Passez une belle journée et à très vite sur www.terres-du-passe.com.